lundi 12 juillet 2010

Le Nouveau-Mexique, société distincte! (2e de 2)

Qu'est-ce qui attire les touristes étrangers au Québec? On aime croire que c'est notre culture et notre art de vivre, mais soyons honnête, un grand nombre viennent pour la neige, le Saint-Laurent ou les grands espaces. Eh bien les grands espaces du Nouveau-Mexique, ils sont rouge.
I-40 Frontage Road, environ 12 km à l'Est de Gallup, 4 juillet 2010.

Si vous suivez comme moi l'axe Ouest-Est du Nouveau-Mexique, il vaut mieux quitter l'autoroute 40 aussi souvent que possible, c'est-à-dire chaque fois qu'il y a une "Frontage Road" qui, dans cet axe, s'avérera souvent être une portion de l'ancienne "Route 66". Elle est facile à repérer sur les cartes, et sinon, le moindre petit kiosque de souvenirs de la région a tout ce que vous n'avez jamais voulu savoir sur la Route 66.

Route 124 (Historic Route 66), environ 25 km à l'Est de Grants, Nouveau-Mexique, 5 juillet 2010. Sur la photo du bas, le cycliste a tenté un travail de composition.

Mais bien sûr, pour s'en approcher encore plus, rien ne vaut une bonne marche: les circuits de randonnée pédestre abondent, et il y a à proximité de Gallup (la première ville rencontrée, à l'Ouest) un Parc de la roche rouge (Red Rock State Park) qui vaut largement le détour.

En un endroit en particulier, la route secondaire longe un ensemble rocheux particulièrement photogénique.



Route 124, à l'Est de Laguna, 5 juillet. L'affleurement de la photo du bas est visible à gauche de la photo précédente.
Du même endroit que la photo précédente, en tournant la tête vers la gauche. La tache blanche au centre est un camion: on approche de l'autoroute.

Avez-vous déjà remarqué combien les photographes aiment les trains, mais pas les autobus?
Au Moyen âge, les pélerins marquaient d'une pierre blanche le lieu où ils voyaient, à l'horizon, la flèche de la cathédrale marquant la fin de leur itinéraire. Dans ce cas-ci, c'est le Pic Sandia qui domine de ses 3255 mètres la métropole du Nouveau-Mexique, Albuquerque. (5 juillet 2010)

L'itinéraire dont il est question dans ce texte: de Window Rock (A), capitale des Navajos (voir ce texte) jusqu'à (B) Grants (4 juillet 2010) puis (C) Albuquerque (5 juillet). 12 km après Window Rock, ma suggestion: quitter la route 264 pour la plus tranquille "County Road no 1", pas balisée mais impossible à manquer: c'est la seule route transversale pavée. En restant à gauche à chaque bifurcation, on arrive à Gallup, d'où on peut demeurer sur la route 66 pendant 23 km, suivre l'autoroute pendant 17 km puis reprendre la 66 (sortie 47, Continental Divide) pendant 55 km jusqu'à Grants, puis pendant 59 autres km. Resteront 36 km d'autoroute jusqu'à la sortie 140 (il y a un casino), d'où vous pourrez prendre une Frontage Road pour les 14 derniers km avant Central Avenue, Albuquerque.

samedi 10 juillet 2010

Le Nouveau-Mexique, société distincte! (1 de 2)

Si Québec vient de fêter son 400e, elle a failli se faire coiffer au poteau par Santa Fe, capitale du Nouveau-Mexique qui, elle aussi, fête son 400e. Et ce n’est qu’un des nombreux points communs que partage avec le Québec cet État qui vit dans l’ombre de ses plus puissants voisins.

Le Nouveau-Mexique, société distincte? Chose certaine, cette fondation par les Espagnols, 200 ans avant que les Américains ne mettent le sabot dans la région, a laissé des traces : pas juste dans l’architecture —OK, ces maisons d’adobe, on les a tous vues en images— mais dans la vie, dans, hum, « le social ».

En fait, si votre image du Nouveau-Mexique est encore celle d’un État perdu dans les falaises rouges des westerns, y a une mise à jour à faire : Festival de jazz, Festival de la musique de chambre, des ronds-points à Albuquerque (la métropole) et Santa Fe (la capitale), des pistes cyclables dignes de ce nom, des Whole Foods (chaîne de supermarchés « bios ») dans ces deux villes, une « route des vins » qui suit le cours du Rio Grande, le Nouveau-Mexique devenu chef de file de la région pour la création d’emplois verts, l’Université du Nouveau-Mexique, qui vient de lancer un « Green Degree »...

Pas mal. Aucun doute, un État américain qui a des ronds-points et des pistes cyclables ne peut être que rempli de qualités...

De fait, il penche plus à gauche que l’Arizona. Ce n’est pas au N-M qu’on verrait une loi sur l’immigration comme celle que vient de déposer son voisin arizonien : d’autant que le gouverneur du N-M, Bill Richardson, est hispanique!

Mais même avant de savoir tout ça, j’étais tombé en amour avec Albuquerque il y a trois ans. Difficile à dire pourquoi, mais je découvre cette année que je ne suis pas le seul. Dans les mots de ce journaliste du Albuquerque Journal :

The official New Mexico state nickname is Land of Enchantment. Many people who come here become so smitten they find it difficult to leave, so the unofficial nickname is Land of Entrapment.


Les falaises rouges, ça aide, mais ça n’est pas tout. Il y a quelque chose de spécial, ici, dans le mélange des cultures. Ou plutôt dans la culture tout court : par exemple, bien que moins peuplée (135 000 habitants), Santa Fe n’a rien à envier à Albuquerque. J’ai découvert en écrivant ceci qu’elle était devenue une destination d’artistes depuis les années 1980, et ceci explique sans doute cela. Une dizaine de musées et 200 galeries d’arts, ça finit par avoir un effet.

La gérante de l’auberge de jeunesse de Santa Fe et une voisine de table dans un snack-bar sur le bord de la route (!), elle aussi originaire de Santa Fe, m’y ont mentionné avec admiration leur voyage à « Quebec city », et de combien elles s’étaient senties en phase avec son Histoire et sa culture.

Vous connaissez des gens que ça intéresse? Y aurait sûrement des liens à tisser... Après tout, c’est moins loin que la Californie, et mes mollets en savent quelque chose!

Dans le prochain texte : des photos...

vendredi 9 juillet 2010

In other news...

Ceux qui me connaissent savent que, en voyage, j’aime lire le journal local. Avec le temps, croyez-le ou non, c’est devenu une expérience sociologique : par exemple, depuis le 23 juin, aucun n’a dit un seul mot ni des Fêtes de la Saint-Jean ni du Festival de jazz...

Je sais, vous n’êtes pas surpris. Et pourtant d’aucuns n’osent-ils pas appeler « notre » Festival l’un des plus importants événements de jazz au monde? Le San Diego Union-Tribune (du 23 juin jusqu’au jour 3 de mon itinéraire, le 27) le Arizona Republic (du 28 juin au 3 juillet) ou le Albuquerque Journal (du 5 au 8 juillet) n’ont même pas jugé bon d'y consacrer un entrefilet. Dur pour l’ego du maire Tremblay...

Remarquez que ça va dans les deux sens : je ne crois pas que vous ayez beaucoup entendu parler de San Diego, Phoenix ou Albuquerque depuis deux semaines.

Quoique. Il y a effectivement un sujet qui occupe intensément le Arizona Republic et qui était parvenu jusqu’à nos oreilles : une nouvelle loi de l'Arizona sur l’immigration qui doit entrer en vigueur le 29 juillet et qui donnera des pouvoirs discrétionnaires aux policiers pour demander les papiers à quiconque dont ils n’aiment pas la face. Le journal critique à tour de bras ce profilage racial mais les politiciens qui le soutiennent ont de bonnes chances d’être réélus cet automne. Il y en a même un qui a proposé qu’on coupe l’électricité aux sans-papiers : rappelez-vous qu'en Arizona, couper la climatisation en été, c’est l’équivalent au Québec de couper le chauffage en hiver.

Ah oui, il y a le soccer aussi. Il revient un jour sur deux dans les pages sportives, mais jamais autant que le 24 juin, quand il a fait la Une à San Diego (photo). Paraît même que San Diego est une ville « soccer-literate ». Y a des Montréalais que je connais qui aimeraient ça... :-)

En fait, et ça ne va pas vous faire plaisir, le seul événement « de chez nous » à avoir filtré, c’est le sommet du G8/G20. Les gens du Sud-Ouest des États-Unis qui ne s’alimentent qu’aux médias locaux savent désormais deux choses : le Canada a dépensé une somme astronomique pour la sécurité, et 900 personnes ont été arrêtées. Bravo, excellent pour l'image de marque...

mercredi 7 juillet 2010

Une roue chez les Navajos

Les Navajos vivent une souveraineté-association.

Ils seraient sans doute surpris par le mot, n’empêche que le territoire de la nation navajo (ou Diné) n’est pas seulement l’une des plus grandes « réserves indiennes » d’Amérique du Nord, c’est aussi l’un des territoires amérindiens des Amériques du Nord et du Sud à jouir de la plus grande autonomie politique (l’exception pourrait être les Inuits du Nord canadien).

Toutefois, sur ce grand territoire (67 300 km2, c’est à peu près le Nouveau-Brunswick), qui couvre le Nord-Est de l’Arizona (plus des trois quarts du total), les 174 000 habitants sont clairsemés : le long de la route 77, par laquelle je suis entré le 3 juillet, pas une seule habitation sur 35 km. Le long de la route 15 ensuite, sur 55 km, une demi-douzaine de fermes et un minuscule village à mi-chemin, à l'écart de la route.


Sur la route 77, vers le Nord, 3 juillet 2010. Photo du haut: au centre, vous distinguez deux rochers en forme de bol inversé? Photo du bas: les mêmes, 30 km plus près.

En cliquant sur la photo pour l'agrandir et en vous arrachant les yeux, vous distinguerez deux bâtiments: c'est une des fermes "croisées" sur la route 15, le 3 juillet 2010 (sur le territoire navajo, les bâtiments sont généralement très à l'écart de la route).


Un avant-goût du Nouveau-Mexique: la roche rouge. Sur la photo du bas, au centre, deux chevaux prennent la pose. (route 15, vers l'Est, territoire navajo, 3 juillet 2010)

Window Rock, la capitale



L’autonomie politique, c’est dans leur capitale, Window Rock, qu’elle se pratique : ils ont leurs propres ministères de l’Éducation (aux États-Unis, chaque État a le sien), et des Ressources naturelles... et une Agence de protection de l’environnement! (photo du centre)

Et leurs propres querelles : leur président, Joe Shirley Jr., vient de se faire refuser par la Cour d’appel Navajo le droit de se présenter aux élections, cet automne, pour un 3e mandat. Il conteste et la Cour suprême des Navajos (photo du bas) doit entendre cette cause le 9 juillet.

Quand on parcourt les sites web de chacun de ces paliers de gouvernement, la première impression est qu’il s’y passe très peu de choses. Mais je me disais, en parcourant les quelques rues de leur modeste capitale, que c’est aussi l’impression que donnerait, aux habitués des ministères de Washington (300 millions d’habitants) un tour d’horizon des activités de certains ministères québécois... 174 000 habitants, ce n'est vraiment pas grand-chose.

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Et pour terminer... Voulez-vous savoir pourquoi ça s’appelle Window Rock?

Pour ça :


Enfin! J’ai trouvé un VRAI Rocher Percé!

Coutume locale : vente d’alcool interdite! Impossible de trouver de la bière dans les dépanneurs.

Qualité des routes: rien à redire sur les deux petites routes (la 77 et la 15) mais la pire était la grand-route: la 264, qui mène à Window Rock, n'a pas d'accotement... et un très haut débit de circulation.

La photo que je n'ai pas prise: lorsque, après 55 km sur la route 15, on aboutit à l'intersection de la 264, quels sont les deux premiers —et seuls— services qui apparaissent? Une station-service... et un Burger King.

Le territoire navajo (ici, les Américains disent « la réserve navajo »). Les flèches rouges désignent les lieux où il y a une plus grande concentration de population. Au centre, le territoire enclavé d'un autre groupe, les Hopis. La ligne noire plus épaisse : par où je suis passé le 3 juillet (soit, de Holbrook à Window Rock : 176,8 km) (source : Academics.skidmore.edu)

mardi 6 juillet 2010

La côte

Le sens de la vie... c’est une côte! On en gravit continuellement, tantôt parce qu’on n’a pas le choix, tantôt parce qu’on veut tester ses talents. Certaines sont plus abruptes, certaines mettent des années à être gravies. Mais quand on y arrive, en bout de ligne, on a toujours droit à la même récompense : wow.

Toutefois, avant de faire un Forrest Gump de moi-même, une note pour la postérité : non, tonton Pascal n’a pas gravi, cette fois, la côte au complet. Des deux étapes prévues (et déjà faites en 2007), Phoenix-Payson et Payson-Heber (Arizona), tonton Pascal a laissé tomber la première et pris l’autobus pour Payson, le 1er juillet.

La raison, élémentaire cher Watson : si 100 km sur le plat s’étaient avérés, trois jours d’affilée, au-delà du supportable (voir les billets précédents), imaginez 110 km en montée. La chaleur arizonienne a ainsi remporté sa plus grande victoire : Pascal, alias le roi de la montagne!

Restait Payson-Heber, de 1500 à 2330 mètres (5000 à 7700 pieds). Comme j’avais déjà fait ce parcours il y a trois ans, je savais à quoi m’attendre: des heures d’une montée d’abord inégale (traduction: ça monte et ça descend!), puis longue et difficile.


Mais qu’est-ce que c’était beau! Tous les cyclistes qui ont « fait » des côtes savent combien le paysage peut devenir impressionnant à mesure qu’on monte.


Ici, il n’est pas juste impressionnant, il est changeant —de 1500 à 2330 m, on passe d’un climat tempéré chaud à une forêt... presque boréale!



Et ce paysage, il est lumineux. Un peu à cause du ciel uniformément bleu. Un peu à cause de l'altitude, semble-t-il. Un peu à cause de la perspective qui se dégage progressivement à droite, jusqu’à des dizaines de kilomètres.



Peut-être un de ces mystères que sauraient expliquer peintres et photographes. Il faut y être: les photos ne donnent qu’un avant-goût. Ce randonneur semble aussi s’être extasié.

Bien sûr que c’est dur. Bien sûr que j’ai dû m'arrêter une couple de fois en cours de route.

C’est bien pourquoi, lorsqu’après un virage de plus, la route cesse soudain de monter, le « wow » est encore plus retentissant.

Juste là, à l’endroit où ça cesse de monter, halte routière sur mesure pour les cyclistes méritants : assez grande pour accueillir plusieurs voitures mais ni pavée ni même aplanie, donc pas du tout invitante pour les engins à moteur. Pour lors, j’avais la place pour moi tout seul. Marcher au bord de la falaise, s’asseoir sur un tronc couché et contempler, juste contempler. Tout en vidant la bouteille (alcoolisée à 0%).

La vue, à gauche...

... et à droite (route 260, à 50 km de Payson, Arizona, 2 juillet 2010)

50 mètres plus loin, il y a une vraie halte, qui n’existait pas en 2007 : cabane avec agente de conservation dedans, admirative d’être devant un cycliste et belvédère avec vue tout aussi impressionnante.


En bref, c’était parfois interminable et on sent par moments qu'on n'est pas assez fort, pas assez capable, pas assez tout. Mais quand on y arrive, la récompense efface tout.

La vie, quoi.


En hommage à
Jacqueline Bolduc Drouin
(1926-2010)

samedi 3 juillet 2010

L'Arizona, ami des vélos!

Saviez-vous que l’Arizona est un État « bicycle friendly »? À tel point que dans le classement 2010 de la League of American Bicyclists —un Vélo-Québec à l’échelle des États-Unis— l’Arizona s’est classé dans le « Top Ten » des 50 États pour la troisième année d’affilée... loin devant la Californie!

Michael Sanders, rencontré à Phoenix le 30 juin, tempère ces résultats enthousiasmants : peut-être que le ministère californien des Transports n'a pas rempli tous les formulaires de la Ligue, peut-être que l'Arizona est avantagé par sa plus petite population. Et Michael Sanders est pourtant le "coordonnateur vélo et piétons" au sein du ministère des Transports de l'Arizona: je vous en reparle prochainement.

Mais n’empêche que le Québécois moyen, pour qui l’Arizona n’est qu’un vaste désert —et ce que j'ai écrit jusqu'ici a certainement ajouté à ce cliché— serait surpris d’apprendre tous les efforts qui sont menés par cet État depuis les années 1990 pour promouvoir la pratique du vélo: depuis la publication de cartes de l'État pour cyclistes (extrait, ci-contre) jusqu'au Guide for the Development of Bicycle Facilities (pour les autorités locales) et le Statewide Bicycling Pedestrian Plan, en passant par des guides plus pédagogiques.

Mais la place du vélo est surtout affirmée par des lois et règlements, qui définissent la taille des accotements, la signalisation, etc. Ou les crochets au devant des autobus (ah, les fameux crochets: là, on touche à quelque chose qui est devenu pratique courante en Amérique... sauf à Montréal).

Sont bien sûr plus favorisées, les deux métropoles, Tucson (1 million d'habitants) et Phoenix (1,5 million pour la ville-centre, 5 millions avec les banlieues). Phoenix, loin d'une ville du désert, est une capitale moderne, grouillante d'activités culturelles et reconnue pour ses initiatives de développement durable.

En-dehors de ces grands centres, il est frappant de suivre par exemple la Beeline Highway, une autoroute à 4 voies qui serpente pendant 110 km de Phoenix à Payson, 1500 mètres plus haut, et d'y trouver tout le long un accotement pavé que n'ont même pas des routes nationales québécoises planes et rectilignes.

L’exemple le plus amusant reste ce petit panneau que j'ai observé à plusieurs entrées de la grande autoroute 10 (un rappel : aux États-Unis, les cyclistes ont le droit de rouler sur les autoroutes, lorsqu’il n’y a pas de parcours alternatifs). Quelqu’un a manifestement senti le besoin d’y planter de petits panneaux indicateurs, avec le logo d’un vélo suivi de l’inscription « Must use shoulders only ». Ouf, une chance qu’ils l’ont précisé...

Un grande artère à sens unique, deux voies... sauf que la voie de droite, vous ne la voyez pas, parce qu'elle est de l'autre côté de la voie du tramway. Et qu'est-ce qu'il y a entre la voie de gauche et le tramway? Une piste cyclable! (Phoenix, Jefferson Street, vers l'Est, 30 juin 2010)

L'endroit le plus hot en Amérique du Nord (suite)

Saviez-vous qu'il y a un désert en banlieue de Montréal? Facile à trouver: vous tournez à droite après le pont. A peine 4500 km.

Et encore, désert, désert, tout de suite les grands mots. Cliquez sur la photo ci-haut et qu'est-ce que vous voyez, au centre? Un avion! Ça n'en a pas l'air vite de même, mais il y a un aéroport, devant vous! Situé à Ocotillo, Californie, un haut-lieu des amateurs de Dune Buggies ou véhicules des dunes. (26 juin 2010)

J'ai parlé de la chaleur dans le billet précédent. Ici, la monture se repose pendant que son maître est allé s'asseoir sous un buisson ombragé (le buisson a refusé d'apparaître sur la photo).

Évidemment, une ombre avec un banc en-dessous, c'est encore mieux. Même si le café est fermé pour la saison. Mise en contexte: l'Ouest de l'Arizona est le coin des USA qui connaît la plus grosse poussée démographique... grâce aux personnes âgées! C'est ainsi que sur toutes les routes de la région, on trouve des camps de tentes-roulottes. Malheureusement pour l'économie locale, un grand nombre de ces personnes n'y restent que six mois par année, devinez lesquels. De sorte qu'arrivé en juin, certains cafés comme celui-ci ferment pour la morte-saison. (à l'ouest de Pioneer, Arizona, route 60, 28 juin 2010)

C'était tôt le matin, le cycliste n'était pas encore que l'ombre de lui-même, mais ça viendrait.

Le lever de soleil, croyez-moi, était pas mal plus beau que sur cette photo... (à l'est de Salome, Arizona, Salome Road, 29 juin 2010)

jeudi 1 juillet 2010

L'endroit le plus hot en Amérique du Nord

40 degrés à l'ombre? Impressive. Même les Arizoniens sont impressionnés: c'est la semaine la plus chaude de l'année, et le nombre de journées où le mercure déborde les 110 Farenheit fait jaser —oui, même ici, on parle de météo!

Et le cycliste? Eh bien contrairement à ce que j'avais imaginé, mon ennemi n'était pas le manque d'eau. On n’est quand même plus à l’époque où Tintin et le capitaine Haddock frôlaient la mort, la tête embrûmée par le mirage d’une bouteille fraîche.

L’ennemi est plus insidieux —les gens qui habitent les petites et grandes villes traversées n'ont pas de mots pour lui. Ils savent juste qu'à partir de midi, la sagesse intime de rester près d'une climatisation, pas d'aller pédaler.

Mais c'est un adversaire d'autant plus insidieux qu'au début, il semble simple de lui échapper. Grande est l'envie, quand on part à 5 heures du matin, d’accélérer la cadence vers quelque chose, quoi que ce soit, fut-ce une cabane en ruine, ou une apparence de butte à l’horizon, qui puissent donner l’illusion d’avancer.

Or, si la température est fraîche à 5 heures, dès 8 heures, elle atteint les 30 degrés Celsius, et à 30 degrés, non seulement ce n’est plus une bonne idée que d’accélérer mais en plus, si vous avez déjà brûlé vos réserves, vous avez besoin d'une longue pause (à 8 heures du matin!). Comme le désert qui couvre le Sud de la Californie et l’Ouest de l’Arizona n’est pas parsemé de dépanneurs, pour votre pause, vous devez vous rabattre sur tout ce qui fait de l'ombre. Et l'ombre, plus on approche midi, plus elle fait comme toutes les ombres du monde.

Et c’est ici que le cycliste québécois que je suis a rencontré son maître. Les experts vous diront qu’il faut boire beaucoup. Oui, mais c’est trop facile. Lorsqu'arrivent 10 heures et 35 degrés, puis midi et 40 degrés, avant même le manque d’eau, ce qui est dangereux, c’est une exposition au soleil trop longue de la matière molle qui loge sous la boîte crânienne. Et à 40 degrés, vous avez beau vous arrêter dans le restaurant-qui-n'est-pas-un-mirage et y enfiler un Smoothies géant doublé d'un grand verre d'eau glacé, malgré ça, 15 minutes après en être ressorti frais et dispos, vous avez l’impression que quelqu’un a oublié d’éteindre la lampe solaire accrochée au-dessus de votre vélo et vous avez à nouveau besoin de vous arrêter.

Ça permet de donner un conseil à ceux qui font des petits calculs: plus la température s’élève et plus les pauses deviennent rapprochées. Sur chacune de mes 3 journées de 100 km, les 50 derniers ont pris beaucoup plus de temps que les 50 premiers, et les 25 derniers ont pris beaucoup plus de temps que les autres.

Conseil pause : boire, c’est incontournable, prendre des pauses, c’est mieux. S’il y a un restaurant climatisé, profitez-en. S’il y a de l’ombre, le matin, c’est à ne pas négliger : 15 minutes suffisent pour « cool down ». Mais après 14h, vaudrait mieux que vous soyez arrivé à l'hôtel.

Coutume locale : ne cherchez pas un restaurant climatisé. S’il y a un restaurant, il est climatisé!

Coutume locale no 2 : dans les trois restos qui étaient aussi des bars, le « happy hour » commençait à 14h. On se demande bien pourquoi...

Trois jours: de Brawlee à Blythe (Californie) puis à Salome et à Goodyear (Arizona, banlieue de Phoenix).

Du Pacifique au désert (suite)


Une partie du splendide Parc Balboa de San Diego, un mélange d'espace vert et d'espace culturel qui vaut le détour. À seulement 4999 km de Montréal!

Dans la montée mentionnée dans le billet précédent. La barre des 3000 pieds (c'est le panneau qui le dit) n'a vraiment l'air de rien sur cette photo, mais faut pas s'y fier... (à l'ouest de Santa Ysabel, Californie, 25 juin 2010, jour 1 de la randonnée)

Juste un échantillon du panorama qui s'offrait pendant la longue (et extraordinaire) descente, de l'autre côté du col. (à l'est de Julian, Californie, 26 juin 2010)

Et vous savez que vous êtes entré dans le désert quand vous croisez une Main Street qui n'est pas pavée... (26 juin 2010)